ISOLER LES COMBLES PERDUS AVEC DES ISOLANTS SOUFFLES EN VRAC

Les isolants en vrac soufflés dans les combles perdus se répandent. Ces produits sont mis en œuvre par soufflage de l’isolant sur le plancher des combles perdus. Correctement appliquée, cette technique présente l’avantage de permettre une bonne répartition  du produit isolant autour des éléments de la charpente.

De nombreux produits isolants conditionnés en vrac sont disponibles: des laines minérales, des laines de verre ou de roche, des ouates de celluloses…. Cette technique, compatible avec tous les planchers de comble, consiste à souffler un produit isolant conditionné en vrac, sur le planchers de comble pour en recouvrir la surface. La mise en œuvre de ces produits non traditionnels  d’origine minérale, végétale ou animale est décrite dans le Cahier de prescriptions techniques 3 693 paru en avril 2011 et dans les Avis techniques ou les Documents techniques d’application. Pour les autres types d’isolants (chanvre, laine de mouton….) on ne dispose pas encore d’expérience suffisamment significative pour engager la procédure d’Avis technique.

Une entreprise compétente réalise le soufflage

La mise en oeuvre, réalisée par une entreprise compétente, consiste à mettre le produit en vrac dans une machine de soufflage qui va brasser les flocons de manière à les aérer puis qui va les souffler sur le plancher. Le savoir-faire du souffleur permet d’obtenir une répartition homogène de produit sur toute la surface du comble, avec l épaisseur voulue. La mise en œuvre ne dépend pas du type de plancher considéré. Cependant, il est utile de repérer les lieux difficiles d’accès avant la mise en œuvre pour souffler uniformément le produit ( derrière le conduit de cheminée, sous un élément de charpente, etc…). Dans tous les cas, ces « niches » doivent être remplies d’isolant. Certains produits en vrac se tassant avec le temps, il faut alors en tenir compte dans le calcul de leur résistance thermique. L’épaisseur utile est plus faible que l’épaisseur observée juste après soufflage et le fabricant doit fournir les informations concernant le tassement du produit. Les Avis techniques de chaque procédé précisent ce tassement ainsi que la résistance thermique à prendre en compte sont différentes. En outre, la mise en œuvre par déversement manuel n’est pas visée par les Avis techniques.

Perméabilité à l’air

Les isolants en vrac sont par nature très perméables à l’air. Dans ce type d’isolation, c’est le plancher qui assure l’étanchéité à l’air. En général, celle des planchers légers n’est pas très performante. Pour remédier à cette situation, il est nécessaire d’ajouter une membrane posée de façon continue à l’aide d’adhésifs et mastics adaptés. Si la pose d’un pare-vapeur est nécessaire, celui-ci peut assurer cette fonction s’il a été conçu dans ce but. Il doit cependant être posé avec soin. Par ailleurs, l’étanchéité doit aussi être assurée au niveau de la jonction entre le plancher et les parois verticales.

Ne pas marcher sur l’isolant

Le soufflage de produits en vrac doit permettre d’obtenir un lit homogène d’isolant sur le plancher de comble. L’avantage de soufflage, lorsqu’il est correctement réalisé, c’est que le produit isolant se répartit bien autour des élément de charpente. Tout défaut d’homogénéité du lit d’isolant peut conduire à une résistance thermique moindre. Une attention particulière doit être accordée au traitement des point singuliers. Le produit soufflé étant très peu dense, le moindre pas sur l’isolant induit un tassement donc un perte de performance . Il est donc recommandé de ne pas circuler sur l’isolation après la mise en œuvre. De plus, certains planchers légers ne peuvent supporter le poids d’une personne. La circulation dans le comble doit donc s’effectuer sur les éléments de charpente ou sur une voie de circulation  prévue à cette effet. Pour des raisons de maintenance, Il peut être nécessaire d’intervenir dans le comble; dans ce cas, il est conseillé de créer  une zone de circulation à l’aide d’un platelage en bois, par exemple. Si ce platelage ou la charpente sont recouverts d’une mince couche d’isolant en vrac, celle-ci doit être écartée puis remise en place après chaque intervention dans le comble.

Respecter la distance de sécurité au feu

La présence d’un conduit de cheminée requiert une attention particulière. Certains produits isolants étant combustibles, il est impératif de respecter les préconisations de sécurité incendie définies dans le document technique unifié DTU 24.1. Ce texte définit les distances de sécurité à respecter dans le cas d’isolant combustibles. Il prévoit d’aménager un espace autour du conduit de cheminée, de manière à respecter ces distances de sécurité. Les règles de sécurité incendie attirent aussi l’attention sur les luminaires de type spots de plafonds. Ces spots, ancrés dans le plancher de comble, chauffent énormément l’isolant qui se situe sur le plancher. Il est alors important de créer un espace autour afin d’éviter que l’isolant ne s’échauffe et ne s’enflamme. Plus généralement, il est recommandé de ne pas percer le plafond pour limiter les risques d’incendie ou d’asphyxie par l’échauffement de l’isolant et ne pas détériorer  l’étanchéité à l’air du plafond.

About de toiture: ne pas obstruer les entrée d’air

Les abouts de toiture constituent un point singulier. C’est souvent le point d’entrée de l’air qui assure la ventilation du comble. Cette ventilation peut être réalisée soit par les tuiles chatières réparties en nombre suffisant, soit par des grilles d’aération munies de grillage anti-intrusion pour écarter les petits animaux. ces grille à mailles fines et serrées présentent une section équivalente à l’aération produite par des chatières. Lors de la mise en œuvre de l’isolant, il est indispensable de ne pas obstruer les entrées d’air pour conserver la ventilation du comble et éviter les désordres provoqués par l’humidité. C’est aussi le lieu où le plancher rejoint les parois verticales. Il faut donc délimiter la zone à isoler aux abouts de toiture. La mise en place d’un étrésillon ou d’un déflecteur permet de délimiter la zone à isoler sans obstruer les entrées d’air et de limiter les risques de déplacement de l’isolant en cas de vent fort. La trappe d’accès au comble perdu est, elle aussi, isolée en insérant un panneau d’isolant découpé selon la forme du coffrage en planches constituant la trappe d’accès doit être munie d’un joint en caoutchouc ou équivalent pour assurer l’étanchéité à l’air.

Intervention sur le chantier

Les interventions des entreprises pour la mise en place des réseaux (électriques, hydrauliques, etc.) doivent respecter la qualité thermique. Dans le cas de produits soufflés en vrac, il est préférable  de faire intervenir l’entreprise chargée du lot d’installation électrique juste avant la pose de l’isolation et des parements intérieurs. dans tous les cas, il convient de passer les câbles au plus près de leur départ (pieuvre) dans l’isolant sans le détériorer. Le câble est placé le plus près possible du parement sans créer de poche d’air. Toute perforation éventuelle du film indépendant doit être colmatée afin de rétablir l’étanchéité initiale (avec des bandes adhésives ou des passe-câbles adaptés pour l’étanchéité à l’air).

Assurer la continuité de l’isolation

Les ponts thermiques de liaisons liés à la jonction du plancher de comble avec les parois verticales doivent être traités sur le plan thermique et du point de vue de l’étanchéité à l’air et à la vapeur. Les planchers en béton, en dalle ou constitués de poutrelles et hourdis sont épais. L’isolation à base de produits en vrac s’effectuant par le dessus, il est en général impossible de réaliser la continuité de l’isolation avec les parois verticales. Dans tous les cas, la continuité de l’isolation ne peut être rétablie sans l’utilisation de rupteurs de pont thermiques. Ce point doit être traité avant la construction du plancher, sauf dans le cas d’une rénovation qui conduit à démonter le plancher existant. Lorsqu’il s’agit d’un plancher bois, il est nécessaire d’assurer la continuité de l’isolation. Il convient donc d’isoler le plancher des combles jusqu’au nu intérieur de la paroi maçonnée ou panne sablière. Cette continuité n’est réalisable que dans le cas d’une isolation par l’intérieur des parois verticales. On constat dans certains une limite à l’utilisation des produits en vrac, par exemple, dans le cas d’une isolation des parois verticales par l’extérieur, la continuité de l’isolation avec le plancher de comble est très délicate à réaliser sans avoir un plancher de comble suffisamment étendu (cas de fermettes industrielles plus larges que le plancher, par exemple)  ou sans utiliser de rupteur de pont thermique. La présence d’un mur de refend crée une interruption de l’isolation du plancher. En dehors de l’utilisation de rupteurs de ponts thermiques, il est difficile de minimiser les déperditions par ce pont thermique en utilisant un produit en vrac, car il n’est pas possible de procéder à une remontée de l’isolation.

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