Murs à ossature bois avec ou sans pare-vapeur

Les charpentiers menuisiers qui ont une activité de construction de bâtiment à ossature bois constatent une demande importante, de la part de leurs clients, de parois dites perspirantes, qui autorisent le transfert d’humidité dans les parois. Mais attention à la condensation !

Les professionnels du bois connaissent parfaitement les dangers occasionnés par la vapeur d’eau, comme les infiltrations ou les points de rosée sur les ossatures en bois ou sur les composants sensibles à l’eau. Tous ont eu l’occasion d’intervenir sur des structures dégradées par ce phénomène. Rappelons que la production d’eau dans un logement qui abrite une famille de deux adultes et de deux enfants atteint 2,5 tonnes de vapeur d’eau par an!

Transfert de vapeur d’eau

La réglementation de la construction prend en compte ce phénomène. Le DTU 31.2 (bâtiments à ossature bois) intègre le rapport de la production de vapeur d’eau (W) sur le taux de renouvellement de l’air (n) du local concerné: W/n est un local à faible taux d’occupation.

Notons que le transfert de vapeur d’eau peut avoir des répercussions importantes sur la plupart des matériaux utilisés dans la construction. De plus, l’augmentation du niveau réglementaire des performances thermiques des enveloppes des bâtiments génère une demande croissante de parois à forte isolation, ce qui augmenter le problème.

PARE VAPEUR

Jusqu’à présent, le DTU 31.2 exclut la mise en œuvre de murs à caractère perspirant. Ses dispositions constructives rendent en effet obligatoire la mise en œuvre d’un pare vapeur, caractérisé en termes de résistance à la diffusion à la vapeur d’eau par une valeur Sd minimale de 18m. Dans ce cas, le risque lié aux dégradations par transfert d’eau est réglé, car le pare vapeur fait une véritable barrière.

Pour les professionnels qui ne souhaitent pas suivre les recommandations du DTU 31.2, il est nécessaire de contrôler  les transferts d’humidité dans les murs afin de limiter la dégradation des matériaux pouvant entraîner d’une part, une fragilisation structurelle et d’autre part, un affaiblissement de leurs propriétés physiques (pour les isolants thermiques). Sans oublier l’inconfort des occupants lié à l’excès ou au manque d’eau dans l’air ambiant.

RATIOS DE SD DE 5 à 1

Afin d’éviter ces problèmes, il est donc impératif de suivre des premières règles simples sur les conceptions de murs en bois qui permettent de limiter les condensations en leur sein. Ainsi, lorsque les matériaux sont caractérisés, il est possible d’appliquer des ratios de 5 à 1 sur les valeurs Sd entre la face intérieure et la face extérieure de la paroi en fonction de la position du panneau de contreventement (face intérieure ou face extérieure). Cette précaution permet de s’assurer que le flux hygrothermique de la vapeur qui travers un mur bois se fera de l’intérieur vers l’extérieur sans être stoppé et sans se condenser.Pour mieux comprendre cette recommandation, on peut l’expliquer en décrivant un mur qui permettra un bon transfert hydrothermique s’il est composé d’un voile travaillant doté d’un Sd de 10 m, que l’isolant thermique intérieur dispose d’un Sd inférieur à 10 m et que le par pluie et le revêtement extérieur ont un Sd supérieur à 2 m.

RÈGLE DES DEUX TIERS / UN TIERS

Certaines impositions acoustiques, de prévention contre l’incendie ou d’aménagement de gaine technique pour les réseaux vont rendre obligatoire des conceptions dotées d’un pare-vapeur disposé entre deux couches d’isolant. Dans ce cas, l’isolant thermique ajouté sera côté intérieur  de la paroi et il répondra aux critères suivant :

- limiter l’utilisation d’isolant au remplissage du vide technique ménagé entre le pare-vapeur et parement intérieur;

- limiter l’épaisseur du vide technique à 45 mm et limiter la résistance thermique de ce vide technique rempli d’isolant de manière telle que sa résistance thermique soit inférieur ou égale au tiers  de celle de l’isolant principal du mur (règle des 3/4 – 1/4).

Cette nouvelle recommandation a vocation à se substituer à l’ancienne règle de moyen deux tiers – un tiers (dont des effets négatifs, en termes de risques importants de condensation ont été mis en évidence par un récente étude), ainsi le doublage isolant intérieur est abandonné et remplacé; une règle de moyen permettant le remplissage du vide technique avec de l’isolant s’applique afin de répondre à diverses exigences pour :

- de meilleures performances acoustique et sécurité incendie avec le remplissage du vide;

- une limitation des risques de condensation dans le doublage.

Pour terminer cette information, il est nécessaire de préciser que les recommandations décrites dans cet article font l’objet des bases de la refonte du DTU 31.2.


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