La ventilation, poumon de la maison

La RT 2012 ne donne pas de précision sur le type de ventilation nécessaire dans les logements neufs. Pourtant, il est impératif d’assurer le renouvellement d’air d’une maison étanche à l’air, pour la qualité de l’air intérieur, mais également pour la durabilité du bâtiment. Les déperditions thermiques du bâtiment étant très réduites, celles induites par la ventilation prennent de l’importance qui se retrouve dans le calcul du Bbio. De même, la consommation électrique du moteur de la VMC est prise en compte dans le calcul de la Cep. L’étude thermique estime les débits d’air minimum nécessaires en fonction du volume du bâtiment et du nombre d’habitants. Le seuil de renouvellement est fixé à 0,3 vol/heure, soit un tiers du volume d’air contenu dans le logement renouvelé toutes les heures (arrêté du 28 octobre 1983).

LA VENTILATION NATURELLE

Ni les réglementations spécifiques à l’aération, ni la RT 2012 n’impose un système de ventilation mécanique. Cette ventilation qui doit être générale et permanente, peut être naturelle, avec des conduits de ventilation adaptés, mais elle présente l’inconvénient d’être difficilement contrôlable.

LA VMC SIMPLE FLUX

Système simple, efficace, qui ne demande que très peu d’entretien et consomme peu d’énergie, la VMC simple flux a encore de beaux jours devant elle. Un extracteur, généralement situé dans le grenier, aspire l’air par des bouches situées dans toutes les pièces humides et met la maison en légère dépression. L’air neuf entre par des bouches d’entrée d’air situées le plus souvent au-dessus des fenêtres des pièces principales. Les plus utilisées sont les VMC hygro B qui ont la particularité de réguler le débit d’air en fonction du taux d’humidité dans l’air (entrée d’air et bouches d’extraction hygroréglables). Un kit de VMC simple flux hygro B (4pièces) coûte 300 à 500 € (selon la régulation mécanique et électronique, hors pose). Les systèmes hygro B microwatt sont encore moins consommateurs (comptez 150 € de plus, amortit en 6 ans environ). Ces VMC ne nécessitent qu’un entretient réduit : il suffit de nettoyer les bouches d’entrée d’air et d’extraction en même temps, de vérifier le conduit d’évacuation des condensats au niveau du bloc VMC et de nettoyer le filtre environ une fois par an. En revanche, les pertes par renouvellement d’air sont assez importantes et font donc augmenter la facture de chauffage de façon sensible; il se produit souvent un effet de courant d’air froid, notamment près des fenêtres.

LA VMC DOUBLE FLUX

Comme pour les VMC simple flux, l’air est extrait dans les pièces dites de service (cuisine, salle de bain, WC, cellier…), et l’air neuf est soufflé dans les pièces dites principales (salon, salle à manger, bureau, chambre…). Le système permet cependant, par le biais d’un échangeur, de récupérer la chaleur de l’air extrait pour la transférer à l’air neuf, ce qui permet de réduire considérablement la consommation de chauffage, rajoute du confort, permet un air parfaitement filtré (option filtres à pollen) et évite les entrées d’air parfois bruyantes, lorsque les bouches sont posées sur les fenêtres. Les prix sont plus élevés, (2000 € environ la VMC) et une installation complète courant coûte entre 4000 € et 7000 € en fonction du matériel installé et du type de logement. Les rendements et les consommations des moteurs varient d’une marque à l’autre et ne sont pas toujours certifiés (privilégier NF ou Passivhaus). La double flux s’installe de préférence dans un endroit chauffé, ce qui implique d’être vigilant sur son éventuelle nuisance sonore. Il faudra également envisager la présence ou non d’un by-pass (permettant de couper la récupération de chaleur en mi-saison, obligatoire en cas de puits canadien) et d’un système antigel. Les technologies évoluent de plus en plus vers des appareils compacts permettant de cumuler plusieurs fonctions sur un appareil compact (PAC pour chauffage ou ECS…), très prisés dans les maisons passives. Ces VMC exigent cependant un entretient soigné : nettoyer les bouches et les filtres régulièrement et changer ces derniers une à deux fois par an.

LES PUITS CANADIEN

Appelé également puits provençal, son principe est de préchauffer l’air neuf arrivant dans la maison dans les gaines enterrées à environ 2m, où la température varie peu. L’air neuf alimentant la VMC aura donc une température quasi constante d’environ 10°C ce qui permet un préchauffage ou un rafraîchissement plus intéressant qu’avec un VMC double flux seule. En cas de présence de radon, il est recommandé de choisir plutôt un puits canadien à eau (équipé en plus d’un échangeur et d’un circulateur). Un puits canadien alimentant une maison de 120m² coûte entre 2000 € et 4000 € hors terrassement, selon les systèmes. Il est recommandé de le faire dimensionner par un bureau d’études et de le faire installer par un professionnel (risques de condensats).

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