Fibres de bois: Des panneaux performants

Utilisés depuis des décennies, les isolants en fibres de bois gagnent du terrain sous la forme de panneaux rigides et flexibles. Contre le froid, la chaleur et le bruit, à coup sûr ils assurent!

Apparus dans les années 1930-1940, les isolants à la base de fibres de bois ont quitté le devant de la scène dans les années 1970 lors de l’émergence des laines minérales. L’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse ont continué leur production et, depuis une vingtaine d’années, les pays nordique soutiennent leur retour.
Composés de 85 à 95 % de fibres de bois, ils revalorisent une matière première (exclusivement des résineux) issue de forêts durablement gérées, et inexploitée par la filière noble du bois massif, provenant d’éclaircissage et de chutes de scierie.
Les bois récupérée sont broyés, puis étuvés sous pression avec l’eau,  avant d’être défibrés. Ce processus protège le bois contre les insectes xylophages et les moisissures. Ensuite, la pâte de bois est transformée en panneaux.

Leurs avantages
Les isolants en fibre de bois ont une masse importante. Ils sont donc plus lourds que d’autres isolants naturels ou traditionnels mais ils ont d’excellentes valeurs au chaud comme au froid. L’hiver, ils offrent une bonne protection contre les déperditions de chaleur. La performance thermique s’échelonne entre 0.038 W/m.K et 0.050 W/m.K. Plus cette valeur (ou lambda) et faible, plus le matériau est isolant. L’été, la pénétration de la chaleur est retardée: le déphasage thermique est de 10 à 12 H alors qu’il n’excède guère 6 h pour les laines traditionnelles. Ainsi, la chaleur s’accumule dans les murs et la toiture la journée sans avoir le temps de pénétrer dans la maison car la fraîcheur de la nuit fait baisser la température interne des panneaux. avec une forte densité, ce matériau est apprécié contre les bruits aériens et ceux d’impact.
Le bois offre une perméabilité élevée à la vapeur: l’humidité se diffuse bien à travers l’élément de construction et évite la formation d’eau de condensation. L’air est donc plus sain à l’intérieur et les éléments de structure sont mieux protégés. Il possède une forte capacité d’absorption: jusqu’à 20 % de son poids en eau en conservant ses valeurs thermiques et acoustiques. Sa réaction au feu est acceptable: Euroclasse E, ou M3 M4 en norme française. La progression du feu est cependant freinée par la densité et les propriétés du bois.

Fabrication et emploi

Panneaux rigides de 140 à 300kg/m3.
Procédé humide: La pâte mouillée est posée sur un tamis, à une certaine épaisseur ou densité. Après mise au format, le panneau est égoutté ou pressé avant d’être séché à cœur dans le four. La lignine, résine contenue dans le bois, est réactivée. Elle joue alors le rôle de colle naturelle en agglomérant les fibres entre elle.
Panneaux semi-rigides ou flexibles: de 40 à 80 kg/m3
Procédé sec, lié mécaniquement: la pâte de fibre mouillées séjourne en séchoir, puis elle est mélangée à des fibres thermofusibles (5 à 15 % de fibres polyoléfines). L’ajout d’un ignifugeant va améliorer la résistance au feu. Ces panneaux sont plus légers.
Panneaux rigides: 110 à 230kg/m3
Procédé sec collé: la pâte mouillée rejoint le séchoir. Ensuite, elle est mélangée à de la colle afin d’obtenir un matelas compressé. Le produit est moins cher car il y a moins de matière. Celle-ci étant remplacée par 4 à 5% de colle, sans formaldéhyde et non émissive. Ces matériaux sont arrivés sur le marché fin 2010 ( Steico).

Au bon endroit

En toiture et en façade, par l’intérieur ou par l’extérieur, on choisira des panneaux rigides, sans risque de tassement, incluant de la paraffine pour se protéger du vent et de la pluie.
Pour les murs, on préférera des panneaux flexibles ou semi-rigides à faible conductivité thermique (0.038W/m.K).
Pour le sol, on s’orientera plutôt vers des panneaux à forte densité. Utilisés en sous-couche de revêtement de sol, ils deviennent un bon isolant phonique en amortissant les bruits de pas et les chocs.
La mise en œuvre des panneaux en fibre de bois est similaire à celle des isolants traditionnels. Ils ne nécessitent pas d’outillage spécifique autre que celui utilisé pour le travail du bois. Ils peuvent être sciés, percés, vissés….

Mentions sur l’étiquette
De nombreux isolant en fibre de bois proviennent de Suisse ou d’Allemagne. c’est pourquoi ils bénéficient de certification ou de label allemand ou  européens.

  • La certification française ACERMI atteste les performances thermique ainsi que la durabilité d’un produit. Certains produits bénéficient de la certification KEYMARK, pendant de l’ACERMI au niveau européen.
  • Le marquage d’Öko Test n’est ni un label, ni un organisme certificateur. Il est attribué par un magazine allemand qui passe au crible des produits de la vie quotidiennes. Il les faits tester par des laboratoires indépendants avant que les résultats ne soient étudiés par un comité scientifique, puis il délivre son verdict. Plusieurs isolants en fibres de bois ont obtenu la mention « Sehr Gut », très bien!
  • Le label européen Natureplus atteste que les produits d’ameublement  et de construction sont, en grande partie composés de matières premières renouvelables. Il prend en compte leur énergie grise (consommation d’énergie nécessaire à l’extraction de la matière première, transport, mise en œuvre et recyclage en fin de vie)
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